06/04/2007

Le matin surprenant

Le matin surprenant

 

Un matin pas comme les autres

 

« Il n’y a rien de nouveau sous le soleil ! » Ainsi s’exprimait de manière désabusée un vieux sage appelé Qohélet il y a bien des siècles, en conclusion de sa méditation sur la condition humaine. Il n’a malheureusement pas vécu assez longtemps pour être témoin de la nouveauté par excellence : la victoire remportée sur la mort par Jésus au matin de Pâques. Jusqu’à ce matin-là, la mort régnait sans partage sur l’humanité. Après ce matin-là, rien n’est plus pareil, la mort a perdu son monopole. Un seul homme lui a échappé, et c’est toute sa suprématie qui a été battue en brèche.

 

Tous les matins du monde

 

Dans le rythme des jours de notre vie terrestre, le matin tient une place à part.

Après la nuit, synonyme de repos, le matin survient comme une promesse.

Une promesse de renouvellement, de nouveau départ, une possibilité d’échapper à tout ce qui a précédé pour commencer une étape nouvelle de notre existence, une occasion d’oublier les soucis de la veille pour vivre quelque chose de neuf. Chacune de nos journées constitue, comme l’a dit le poète, une vie en raccourci, et le matin apparaît pour tout être humain comme le lieu par excellence de tous les possibles. Que cela se vérifie effectivement ou non pendant la journée, il n’en reste pas moins que nous vivons chaque matin comme le commencement de quelque chose de nouveau.

 

Un matin comme les autres ?

 

Est-ce cette pensée qui occupait le cœur des femmes venues au tombeau accomplir les rites funéraires trois jours après la mort de Jésus sur la croix ? Certainement pas ! Ce matin était pour elles synonyme de deuil, de tristesse, d’échec, voire de désespoir. Elles avaient tellement espéré, et les disciples avec elles, que Jésus triompherait et deviendrait le glorieux roi d’Israël que la vision du corps supplicié et mourant de leur maître sur la croix avait brisé dans leur cœur l’espoir que quelque chose de nouveau allait enfin arriver dans leur vie et celle d’Israël.

Non, ce matin n’était pas un matin comme les autres pour elles ; c’était un matin de désespérance. Rien n’est plus tragique et démoralisant qu’un espoir brisé, surtout quand il a pris les proportions de l’espoir.

 

Le matin surprenant

 

Les femmes avaient raison dans leur cœur sur un point : il est vrai que ce matin n’était pas un matin comme les autres. Mais sur la nature de cette différence, elles étaient complètement dans l’erreur. Loin d’être un matin de mort et de désespérance, ce matin va se révéler être un matin de victoire, de nouveauté et d’espérance. Alors qu’il n’y a rien de plus prévisible et de moins surprenant que le rituel funéraire, elles vont aller de surprise en surprise.

Tout d’abord, la pierre du tombeau qui en défendait l’accès est roulée ; le tombeau est ouvert.

Ensuite, le tombeau est vide. Le corps de Jésus n’est plus là. Enfin, elles s’entendent interpeller en ces termes par des anges : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? » . C’est peu dire que de dire que leur surprise est totale ; elles sont saisies d’effroi, elles ne comprennent rien à ce qui leur arrive. Il va leur falloir un peu de temps pour être convaincues que Jésus n’est plus mort mais qu’il est revenu à la vie.

 

Qu’est-ce que ce matin a de différent des autres matins ?

 

Dans la liturgie de la Pâque juive rappelant la libération du peuple d’Israël de l’esclavage de l’Egypte, figure cette phrase au sujet de la nuit au cours de laquelle l’agneau devait être immolé : « qu’est-ce que cette nuit a de différent des autres nuits ? ». La réponse sous-entendue étant que cette nuit est la nuit menant à la liberté. En écho, nous pouvons poser la question : « qu’est-ce que le matin de Pâques a de différent des autres matins ? ».

Il est différent parce qu’il apporte une nouveauté absolue.

Pour la première fois dans l’histoire, un homme a vaincu la mort. Jusqu’à présent, personne n’avait pu se soustraire à sa puissance et à son règne. En Jésus, la mort connaît un échec qui la disqualifie définitivement. Elle ne pourra plus atteindre pour l’éternité ceux et celles qui sont en communion avec Dieu par la foi en Jésus.

Ce matin est différent parce qu’il apporte une surprise absolue.

Chaque matin est surprenant en ce qu’il apporte un espace de vie renouvelée après la petite mort du sommeil de la nuit. Mais le matin de Pâques apporte une surprise sans égale : la vie a triomphé de la mort ! Ce qui était inimaginable, impensable, impossible pour les êtres humains, Dieu l’a accompli en la personne de Jésus. Seul Dieu pouvait offrir au monde une surprise de cette taille. Enfin, ce matin apporte une espérance absolue.

Si Jésus a pu triompher de la mort, ouvrir une brèche dans cette citadelle réputée inexpugnable, je peux espérer triompher moi aussi de la mort.

Même si celle-ci m’attend au terme de ma vie terrestre, je peux espérer me relever d’entre les morts par la puissance de Jésus, celle du Saint Esprit que je reçois quand je place ma confiance pleine et entière en Lui.

 

Oui, sans conteste, ce matin de Pâques est différent de tous les autres matins du monde !

 

« Voici, je fais toutes choses nouvelles » (Apocalypse 21 : 5)

 

« Dieu dit : Je vais faire du nouveau ; on le voit déjà paraître, vous saurez bien le reconnaître » (Esaïe 43 : 19a)

 

Un matin surprenant, c’est possible aussi pour moi !

 

La nouveauté de Pâques, la surprise de Pâques, l’espérance de Pâques ne sont pas des réalités inaccessibles pour moi. Elles ne constituent pas seulement des réalités liées à l’événement historique de la résurrection de Jésus qui nous est raconté dans les quatre évangiles. Je peux moi-même connaître et expérimenter aujourd’hui, où que je sois, ce matin surprenant dans ma vie personnelle en demandant à Dieu d’entrer dans mon cœur, en croyant que Jésus est le Sauveur du monde, celui qui est venu apporter cette nouveauté décisive dans l’existence humaine : la communion retrouvée avec Dieu, le Créateur.

Quiconque éprouve ce besoin de changement, de renouvellement dans sa vie peut se tourner vers Jésus. Il ne rejette pas celui ou celle qui vient à lui, et il nous surprend toujours par son accueil sans condition et son amour infini.

 

Raymond Chamard

 

 

20:33 Écrit par Oswald Valenti dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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