12/04/2013

LE PAGANISME MODERNE

LE PAGANISME MODERNE


L'idolâtrie n'existe plus de nos jours.

Notre société est bien trop éclairée pour adorer encore des choses mortes... Ou bien ?


Or, nos cultures modernes adorent réellement des divinités faites de bois et de pierre.

On constate d'ailleurs que la pratique de cette idolâtrie s'est amplifiée et qu'elle se présente sous des formes plus subtiles que jamais.

L'idolâtrie dont parle la Bible est habituellement l'apanage des païens.

S'il y a donc tant d'idolâtrie dans le monde d'aujourd'hui, où sont donc ces païens ?

Très certainement, l'homme moderne a atteint un niveau de raisonnement et de connaissances supérieur à celui des païens des temps anciens.

C'est donc exagérer que de tenir notre société pour païenne ?

Un païen, n'est-ce pas un indigène sauvage portant pagne, parcourant la jungle et adorant le soleil ?

En réalité, le monde actuel compte des païens qui sont bien plus païens et arrogants que ceux que l'on peut rencontrer dans la jungle.

Afin de trouver à cette question une réponse sans fard et des informations justes, nous ferons bien de nous tourner vers la Bible.


Les paléontologues parlent de différents types d'hominidés qui auraient précédé l'homo sapiens moderne.

L'évolution qu'ils défendent se serait déroulée, selon leurs dires, il y a de nombreux millions d'années.

Nous savons bien évidemment, et tout indépendamment de l'interprétation textuelle de la Bible, que tout ce domaine reste hautement marqué par l'imagination et les spéculations.

La Bible a déjà, pour de très nombreux sujets, remporté la victoire sur le scepticisme scientifique - que ce soit dans le domaine de l'histoire ou de la physique ou encore d'autres secteurs.

La véracité de la Bible a été établie dans tous les domaines.

A l'heure actuelle, de nombreuses prédictions de la Bible sont soit accomplies soit reconnues pour entièrement vraies.

Vu sous cet angle, il ne nous faut qu'un peu de foi pour penser que le reste des affirmations bibliques qui font encore objet de controverse scientifique obligera tôt ou tard la science et la théorie de l'évolution à revoir leur position.

En ce qui concerne l'évolution, la Bible ne connaît pas différentes sortes d'hommes ou plusieurs étapes dans l'évolution de l'homme.

Il faut le redire en toute simplicité : il n'y a aucune preuve pour la théorie de l'évolution.

Elle demeure une religion.

Il n'y a aucune différence entre les hommes des temps anciens et ceux d'aujourd'hui.

Les traits fondamentaux qui caractérisent l'homme, tant les physiques que les spirituels, n'ont absolument pas changé.


Quand à la généalogie des hommes, la Bible fait une seule distinction : celle entre Juifs et païens. Mais elle opère une différenciation bien plus importante entre païens et justes.

Ici, nous touchons à la véritable preuve d'une évolution, spirituelle celle-ci, à savoir le paganisme.

Le païen d'aujourd'hui se porte bien.

Quand à ses mythes, ils ont connu un progrès non négligeable, comme nous le verrons bientôt.

Pratiquement tous les anthropologues sont unanimes à dire que la terre est aujourd'hui peuplée d'hommes modernes.

Contrairement à cela, la prophétie biblique parle du païen moderne des temps de la fin.

C'est la créature la plus douée pour la survie, habitant et dominant la sphère économique du monde.

Vous voyez de qui je veux parler ?


Avant de cerner de plus près le païen moderne, nous voulons d'abord examiner le caractère et le comportement du païen de l'Antiquité.

La Bible nous livre à ce propos une description détaillée.

Afin de nous en faire une image juste et précise, il nous faut d'abord étudier de plus près    le vocabulaire. La Bible n'a pas de mot particulier pour "païen". En effet, certaines traductions de la Bible ne contiennent pas le mot "païen". Pourquoi ?

Parce que l'acception actuelle de ce mot n'apparut qu'au moment de la rédaction du Nouveau Testament.

Aujourd'hui, nous utilisons le mot "païen" habituellement pour décrire quelqu'un qui adore d'autres dieux ou idoles et qui se situe en dehors du christianisme ou du judaïsme.

Aux temps bibliques, le mot "païen" était pratiquement synonyme de "non-Juif", bien qu'il y eût des non-Juifs croyant en Dieu.

Avant que Christ ne mourût pour les péchés de tous et qu'il étendit ainsi le salut aux non-Juifs, les mots "non-Juifs" et "païens" désignaient le même groupe de personnes.

Au début de l'ère néotestamentaire, la plupart des Juifs considéraient le salut par le Messie qu'ils venaient de découvrir comme la progression de l'accomplissement de la foi juive qu'ils avaient professée jusqu'alors.

Le monde religieux n'était pas encore divisé de manière visible en Juifs et chrétiens.

Il fallait encore un certain temps avant qu'il n'y eût des chrétiens convertis non issus des rangs des païens ou des Juifs.

C'est pourquoi on utilisait au début du temps de l'Eglise un seul mot grec pour désigner tant les non-Juifs que les païens, à savoir "ethnos". Ce mot se rencontre 167 fois dans le Nouveau Testament. Or, pour l'étude que nous avons entreprise à propos de "l'évolution" du concept de "païen", nous ne prendrons en compte que les seuls versets du Nouveau Testament dans lesquels "ethnos" porte sans équivoque la signification nouvelle du mot, à savoir "païen".

L'étude de la Bible révèle de nombreuses généralités à propos du "païen".

Nous voulons en considérer cinq de plus près.

Toutes sont directement liées à l'évolution du païen moderne de nos jours fortement marqué par le matérialisme.


1. L'intérêt propre.


"Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains aussi n'agissent-ils pas de même ? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens aussi n'agissent-ils pas de même" (Matthieu 5 : 46-47).


Dans ces versets, Jésus relève que les païens agissent en considérant leur intérêt propre.

Leurs actes sont motivés par leurs désirs et plaisirs, par la recherche d'un bonheur et d'un confort personnels.

Ils n'aiment que ceux dont ils sont aimés en retour et méprisent ceux qui ne les acceptent pas. Aujourd'hui, 2.000 ans plus tard, cette caractéristique païenne de l'intérêt propre se profile d'une manière encore plus forte.

On la considère de nos jours comme la force indispensable qui fait évoluer le monde vers un état meilleur, le progrès et la prospérité.

En effet, les théories économiques prétendues progressives tiennent en haute estime le motif de l'intérêt propre. Ce changement s'est produit en l'espace d'à peine quelques siècles. C'est un dogme fondateur du capitalisme de marché (c'est ainsi que l'on appelle aujourd'hui cette façon d'agir et cela n'a - soit dit en passant - rien à voir avec le capitalisme dans son acception première). Il en résulte notamment que le monde entier fonctionne selon des critères commerciaux. Le commerce constitue de plus en plus la base de l'existence et de ce que l'on appelle communément la "vie".


Et la Bible, que dit-elle de "l'intérêt propre" de l'homme moderne ?

Elle adresse un message clair aux sociétés tentées de définir leur existence par des concepts purement païens ; autrement dit : aux sociétés entièrement vouées à la domination de l'économie et de Mammon. (Mammon = l'argent).

A ce propos, nous pensons particulièrement aux exemples de Tyr et de Babylone.

Dans le royaume néo-babylonien tout tournait autour de l'argent.

Les recherches ont montré que Babylone était essentiellement une civilisation commerciale. La quasi-totalité des documents encore préservés de cette culture sont des documents commerciaux.

Un autre exemple pertinent est l'histoire de Tyr.

La Bible parle clairement de la prédominance du commerce dans cette ville.

Jéricho présente également un exemple d'un temps encore plus ancien.

Jéricho fut probablement la ville habitée la plus ancienne du monde et une des plus riches. Dieu voulut qu'elle soit la première cité prise par les Israélites lors de la conquête de Canaan. Elle fut en effet la seule ville qui fut détruite par un miracle.

Elle fut aussi la seule ville de Canaan à être entièrement anéantie - avec femmes, enfants, bétail et tout ce qui s'y trouvait.

Dieu voulut qu'elle soit totalement rayée de la carte. Pourquoi ?

Peût-être parce qu'elle avait fait du commerce son idôle ?

Dieu ne voulait pas que le moindre détail de Jéricho, si infime soit-il, puisse déteindre sur Israël. Josué alla jusqu'à prophétiser que celui qui reconstruirait Jéricho devrait payer pour prix la vie de son premier-né et de son dernier-né. (Josué 6 : 26).

Cette prophétie se réalisa 600 ans plus tard sous le règne d'Omri en la personne de Hiel de Béthel très exactement comme cela avait été annoncé (1 Rois 16 : 34).


2. Le souci des choses terrestres


D'après l'Ecriture, les païens sont consumés par les soucis des choses terrestres : 

"Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas : Que mangerons-nous ?

Que boirons-nous ? De quoi seront-nous vêtus ? Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin"

(Matthieu 6 : 31-32 ; Luc 12 : 29-30).


D'après cette définition, c'est païen que de rechercher la satisfaction par la possession d'un grand nombre de choses et le style de vie qui va de pair.

L'Ecriture ne mentionne que deux choses : la nourriture et le vêtement.

Dans la société de ces temps-là, les deux étaient représentatifs tant d'un certain style de vie que de ce qui était nécessaire pour vivre.

La nourriture et le vêtement sont absolument indispensables.

Mais leur attribuer une autre valeur relève de l'idôlatrie et du paganisme.


Bien entendu, de nos jours le style de vie de définit par bien d'autres critères que la seule nourriture et le vêtement.

On convoite telle et telle marque de vêtement, on adule les grands noms de couturiers et l'habit dernier cri. Il en va de même pour la nourriture : on choisit les vins les plus fins ; les marques des aliments les plus vantées par la publicité seront celles que l'on désire acheter. Mais aujourd'hui le style de vie se définit bien plus encore par d'autres jouets ou gadgets tels que montre de luxe, voiture de luxe, technique haut de gamme, maison-palais, etc...

Posséder tout cela représente le sommet d'une vie aboutie en même temps que les embûches de cette vie au-dessus du lot.

Ces choses sont en fait l'incarnation des buts et des valeurs que se donne une société païenne. En courant après ces choses, nous nous inscrivons dans une culture et politique mercantile très habilement orchestrée, d'où les sondages parmi les consommateurs, la publicité et l'étude de la psychologie.

C'est en ce sens que nous constatons que bien des choses ont changé au cours des siècles et millénaires. Nous y discernons de quelle manière évolue le païen moderne.

En considérant le rôle que joue déjà le commerce aux Etats-Unis et dans les autres nations  et la dépendance dans laquelle il enferme les habitants, on peut à peine imaginer que les choses puissent encore aller plus loin.


3. Le souci du lendemain


Des sociétés qui ne placent pas leur confiance en Dieu sont obligées, par définition, de se soucier du lendemain puisqu'il est incertain.

La Bible nous dit que ce devrait être l'inverse :

"Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine" (Matthieu 6 : 33-34).


Cette affirmation est liée aux deux versets précédents, 31-32, qui parlent des préoccupations des païens. Nous comprenons dans ce contexte que le souci du lendemain a quelque chose de païen, c'est quelque chose qui préoccupe les païens.

Ce souci du lendemain et de son côté incertain porte une large part de responsabilité dans l'évolution économique et financière des dernières décennies, voire des derniers siècles.

Il a sans conteste contribué à la pénétration profonde de ce qui est commercial et mercantile dans la vie humaine.

Ne citons à titre d'exemple que l'arrivée des assurances.

Nous ne mettons pas en doute que certains types d'assurance se justifient.

Les dernières décennies ont vu aussi naître une foule d'outils financiers hautement subtils formant à leur tour à l'échelle mondiale la base d'une croissance insoupçonnée de prospérité.

Bon nombre de ces outils résultent de concepts mathématiques visant à maîtriser l'incertitude du lendemain.

Peu d'hommes sont experts pour juger les tendances de cette jungle sauvage du progrès économique et financier.

Et peu sont conscients de ces choses.

Or, la vie quotidienne des petites gens - si nous voulons bien les prendre en compte - est tout autre.

Et cela est dû aux nombreuses prestations qui font que le lendemain reste incertain.

Personne aujourd'hui n'aurait l'idée de ne pas contracter une assurance  pour sa maison, son auto, sa vie - certaines sont même exigées par la loi.

La plupart d'entre nous seraient d'accord pour dire qu'il ne serait pas sage de ne pas prévoir une épargne pension pour se prémunir contre les aléas de la vieillesse.

Prenons simplement ces quatre prestations que nous venons de mentionner.

Si vous en bénéficiez, cela implique quatre contributions fixes à payer par mois.

Ce souci chronique et exagéré de l'avenir a conduit à la progression de la "commercialisation" de la vie et à instaurer une réelle idôlatrie, ce qui est indubitablement païen.

Ce souci accru du lendemain est donc un trait caractéristique du païen moderne.


4. Intempérance et débauche


La Bible qualifie clairement de païens les gens qui mènent une vie de débauche et entièrement tournée vers la satisfaction des envies et désirs.

L'apôtre Paul accuse les Israélites de se comporter comme des païens, les comparant à ceux qui célébraient des fêtes et des orgies alors que Moïse était sur le Mont Sinaï (Exode, voir chapitre 32).

"Ne devenez point idôlatres, comme quelques-uns d'eux, selon qu'il est écrit : Le peuple s'assit pour manger et pour boire ; puis ils se levèrent pour se divertir"

(1 Corinthiens 10 : 7)


L'apôtre Pierre partage cette opinion :

"C'est assez, en effet, d'avoir dans le temps passé accompli la volonté des païens, en marchant dans la dissolution, les convoitises, l'ivrognerie, les exès du manger et du boire, et les idôlatries criminelles. Aussi trouvent-ils étrange que vous ne vous précipitiez pas avec eux dans le même débordement de débauche, et ils vous calomnient"

(1 Pierre 4 : 3-4)


Orgies, débordements, beuveries et convoitises débridées étaient réputés faire partie des cultes païens offerts aux idoles. La frivolité est aussi un comportement débridé.

Ces aspects du paganisme connaissent une véritable promotion de nos jours. Pourquoi ?

C'est bon pour les affaires, bon pour la croissance économique !

La morale importe peu. Orgies et frivolités contribuent à la croissance économique, peu importent les formes sous lesquelles elles se présentent.

Les firmes qui tiennent le haut du pavé dans ce domaine sont parmi celles qui engrangent les plus gros bénéfices.

Les programmes de télévision et les films qui s'inscrivent dans cette tendance nous livrent d'autres exemples parlants. Et on pourrait continuer la liste.

Tout cela fait partie d'une culture économique bien réfléchie.

En parlant de style de vie païen, n'oublions pas ces insipides bavardages dont l'ampleur enfle sans cesse, les drogues, la pornographie et bien d'autres choses encore.

Le païen moderne consomme et s'adonne à ses passions sans autre forme de complexes.


5. Compétition à l'exès


La Bible dit que la compétition est un signe des païens. Elle en parle comme de gens qui sont constamment en compétition pour réaliser leurs désirs. Ils courent après ce qu'ils désirent avoir (Matthieu 6 : 31).

Jésus dénonce clairement ce comportement de compétition parmi les païens :

"... mais quiconque veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu'il soit votre esclave. C'est ainsi que le Fils de l'homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs" (Matthieu 20 : 26-28).


Dans une société païenne, chacun veut gagner une avance sur l'autre, marquer son territoire et dominer sur les autres. Pour atteindre ces objectifs, la compétition s'impose.

Nous comprenons, bien sûr, que la compétition commerciale soit un des moyens les plus prisés dans le but d'instaurer une croissance économique forte et la prospérité.

Or, il n'y a pas de mal à se préoccuper du progrès tant que les motivations sont correctes et équilibrées. Mais nous avons ici affaire à un comportement que l'on appelle aussi la loi de la jungle : seul le plus fort survit. C'est une compétition sans pitié ni charité.

Ce type de compétition est bien enraciné dans la société païenne - dans notre société.

Même un acte très simple comme l'achat d'un titre coté en bourse en vue de réaliser un bénéfice est l'expression de la pensée que le succès de l'un ne peut se faire qu'au détriment de l'insuccès annoncé de l'autre. Quoi qu'il en soit, c'est le mode opératoire reconnu des païens modernes.


Après avoir passé en revue seulement cinq caractéristiques du païen des temps anciens, nous voyons déjà l'évolution qui se dessine.

Oui, tous les traits fondamentaux de l'humain sont restés inchangés.

Mais nous voyons aussi qu'un païen moderne hautement évolué s'est profilé au fil du temps.

Si vous comprenez comment fonctionne l'immense marché globalisé qui domine tout, vous saisirez aussi à quel point le monde d'aujourd'hui est devenu païen.

Comme nous venons de le décrire brièvement, le monde du païen moderne s'oppose fortement au païen primitif des temps anciens.

Notre société moderne, et même des nations à forte proportion de chrétiens, est profondément païenne. Il faut dire aussi que beaucoup sont aveugles sur cette réalité.

C'est le résultat et en même temps la cause de cette "commercialisation" qui pénètre et pervertit tout, et aussi du matérialisme cru qui envahit le monde.

La Bible a prédit ces choses.


Ce qui nous paraît le plus douloureux dans ces mouvements des temps de la fin, c'est l'influence qu'ils exercent sur la morale des chrétiens et la doctrine qui change dans les églises se disant chrétiennes.

Nous aborderons maintenant cette évolution dangereuse.

Il nous faut en tout premier lieu éclairer les chrétiens sur la science de l'homme évolutionnaire. C'est elle qui fait sa proie des païens des temps de la fin et des chrétiens inconscients.


Tous ceux qui ont placé leur vie sous l'autorité de Jésus-Christ connaissent le dilemme que l'apôtre Paul décrit en Romains 7.

Pourquoi est-ce que nous finissons par faire exactement ce que nous ne voulons pas faire ?

La plupart d'entre nous peuvent se reconnaître dans cette parole devenue proverbiale :

"L'esprit est bien disposé, mais la chair est faible" (Matthieu 26 : 41).


L'apôtre Paul a écrit : "Et maintenant ce n'est plus moi qui le fais, mais c'est le péché qui habite en moi. Ce qui est bon, je le sais, n'habite pas en moi, c'est à dire dans ma chair : j'ai la volonté, mais non le vouloir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui le fais, c'est le péché qui habite en moi" (Romains 7 : 17-20).


Nous réalisons que l'humanité est inextricablement liée au péché.

Cette caractéristique - notre nature pécheresse dont le Nouveau Testament parle en plus de vingt endroits - est programmée dans nos gènes.

Cela explique pourquoi le monde est encore de nos jours perverti par la chair et, par conséquent, entièrement païen.

L'apôtre Pierre appelle cet état de fait "la corruption qui existe dans le monde par la convoitise" (2 Pierre 1 : 4).


Il n'est pas surprenant de voir que cette lutte contre la chair se fait de plus en plus âpre en ces jours qui sont les derniers.

Tandis que l'on considérait jadis comme vertueux de surmonter les vices que l'homme portait en lui depuis sa naissance, on considère aujourd'hui comme une chose hautement honorable de laisser libre cours à ces faiblesses qui sont des péchés.

Tout comme les missiles de haute précision trouvent leur chemin vers une cible si petite soit-elle, les penchants charnels de l'homme servent de cible comme jamais auparavant.


Comment en est-on venu à cela ?

Durant ces dernières années, scientifiques et psychologues ont défriché un nouveau champ d'investigation appelé communément neurosciences ou psychologie cognitive.

Il y a là de nombreuses divisions et spécialisations, mais le postulat de base de ces recherches reste le même : on tente de découvrir "la clé universelle" de l'homme naturel ou de ses instincts. Autrement dit : ces analystes essaient de comprendre le fonctionnement de la pensée inconsciente. Pourquoi ?

Afin de pouvoir mettre au point des meilleures techniques qui interpellent directement les bas instincts de l'homme. Ce qui est pire encore - mais peu osent l'avouer publiquement - c'est le but : à savoir être capable de mieux manipuler les gens faisant l'impasse sur leur raisonnement.

Comment cela se fera-t-il ?

Afin de l'expliquer, nous voulons nous pencher sur quelques avancées dans ce domaine.

Quel est le plus gros problème auquel se voient confrontés de nos jours les experts en marketing ?

De toute évidence, c'est la pensée intelligente.

Dans ce triple combat entre le cortex où siège notre pensée consciente, le système limbique (centre des émotions) et le cerveau reptilien, c'est toujours le reptile qui gagne.

Cette partie reptilienne du cerveau est le centre des instincts.

Il est stimulé par l'inconscient.

C'est là que se situe le défi tout à la fois pour les vendeurs, les manipulateurs et les scientifiques : comment stimuler le cerveau reptilien via le subconscient ?

Il faut en premier lieu contourner la pensée consciente, sinon celle-ci pourrait refuser de répondre aux désirs du vendeur.

Les chercheurs de cette spécialité affirment que les systèmes instinctifs et corporels de l'organisme humain sont programmés de telle sorte qu'ils réagissent à des stimuli préprogrammés. La chair, lorsqu'elle est laissée au mode animal non pensant, optera toujours pour la récompense, l'accroissement et la survie, quel qu'en soit le prix - que ce soit moralement défendable ou non. La voie du succès passe donc par la stimulation des instincts primaires.


Les affaires pécuniaires représentent un autre domaine clé suscitant de nombreuses analyses comportementales.

Comme on peut aisément l'imaginer, ce genre de recherches financières ne vise pas en premier lieu à augmenter les profits de l'investisseur moyen.

Il a plutôt pour but de permettre à l'industrie de la finance de mieux exploiter les faiblesses du comportement humain.

Cela a également conduit à faire de l'étude des "penchants de la chair" une haute science.

Les sociétés de bourse préfèrent un marché rempli d'investisseurs irrationnels, car ils sont faciles à manipuler sans qu'ils s'en rendent jamais vraiment compte.


Ce secteur de recherche porte un nom aux consonances scientifiques : "neuroéconomie".

Pourquoi les finances offrent-elles un champ de recherches si prometteur ?

Selon toute évidence, des chercheurs ont découvert que le cerveau humain est aussi avide d'argent que de sexe.

Une autre possibilité s'offre aux vendeurs ou manipulateurs pour contourner les réactions raisonnées des personnes adultes en d'adressant aux enfants.

Les enfants exercent une forte influence sur leurs parents et pèsent sur une bonne partie des décisions d'achat.

Les spécialistes du marketing savent que les enfants sont bien plus influençables que les adultes. Beaucoup de ces enfants n'ont pas encore atteint l'âge où ils savent distinguer le bien du mal. Les enfants sont par nature des hédonistes effrénés et impulsifs.

En attisant les instincts d'enfants vulnérables, on leur apprend  dès leur jeune âge à satisfaire leurs désirs charnels. C'est ainsi que l'on prépare un monde rempli d'hédonistes. Leur ventre et leurs soucis sont récalcitrants à porter le moindre intérêt à la vérité de l'Evangile.


Quelle est donc la portée exacte de l'intérêt de la science pour les comportements instinctifs et non réfléchis ?

Cela est certainement en relation avec les signes des temps de la fin décrits dans la Bible.

La majeure partie des résultats de recherches des sciences cognitives trouvera son application dans la publicité destinée aux consommateurs en fin de chaîne ; leur influence, cependant, va bien au-delà.

Il se profile ainsi un monde, où seront idolâtrés les instincts primitifs et les envies.


Ces recherches contribuent notamment à frayer le chemin à une nouvelle religion planétaire - en ce sens qu'elles favorisent la fusion entre religion et commerce de la grande Babylone, afin que puisse émerger ce mélange aux contours flous décrit en Apocalypse, chapitres 17 et 18.


L'apôtre Paul parle d'un temps qui se caractérise par un individualisme sans frein, des convoitises et l'absence de maîtrise de soi.

Cela est conforme au cours des choses que l'on peut observer partout : 

"Les hommes seront égoïstes, intempérants, aimant les plaisirs plus que Dieu"

(2 Timothée 3 : 1-4)


Les rapports entre ces différentes choses pourront sembler peu clairs à ceux qui vivent dans les pays riches de l'Occident.

Plaignons ces "indigènes numériques", cette jeune génération d'aujourd'hui qui traite l'information bien différemment de leurs aînés puisqu'ils grandissent les casques sur la tête en consommant des vidéos.

Leur réceptivité est ainsi limitée et la performance de leur mémoire a substantiellement baissé.

Que faire donc ?

Voilà le conseil que recoivent les entreprises cherchant le succès auprès de la jeune génération : "Trouvez un mot - un seul mot - que cette personne moderne "charnelle" pourra relier à des valeurs, découvrez-le et vous aurez trouvé le chemin du succès commercial".


Le slogan publicitaire du fabricant d'articles sportifs "NIKE" dit : "JUST DO IT" c'est à dire "FAIS-LE".

Cela relève de la philosophie, ce n'est pas une qualité du produit.

C'est ainsi que l'on favorise l'identification avec un certain style de vie.

Il est aussi important de comprendre que le déclin spirituel et psychologique va de pair avec une culture commerciale débordante.

Le problème aulourd'hui, c'est que les clients disposent pour tout ce dont ils ont besoin d'au moins 20 produits.

Pour cette raison, les entreprises les plus performantes placent leurs innovations en revalorisant davantage le marketing que le design du produit.

Les noms de marques sont aujourd'hui l'expression de fortes "déclarations psychologiques" autrement dit : des "valeurs".

Et quand les valeurs poussent plus à l'achat que la fonction d'une marchandise, nous nous trouvons  alors sur le chemin  de la culture babylonienne décrite dans les chapitres 17 et 18 de l'Apocalypse.

On peut effectivement affirmer que la plupart des sociétés correspondent déjà exactement à cette description.


Le consommateur extravagant, dirigé par son instinct charnel, est indispensable pour que le colosse se manifeste, colosse qui domine le temps de la fin et se compose de commerce et de religion.

A cette fin les consommateurs doivent plutôt être des bêtes insensées que des gens "conduits par l'Esprit de Dieu" (Romains 8 : 14 ; Galates 5 : 18).

Jusqu'à présent nous n'avons fait qu'aborder dans quel chemin le monde marche et comment celui-ci manipulera et exploitera la nature pécheresse de l'être humain par des mesures toujours plus douteuses.

Comme nous l'avons montré, ces techniques sont très raffinées et débouchent maintenant dans une religion.


Malheureusement cela n'est pas encore le sommet de la corruption : ces mêmes techniques sont également appliquées dans le domaine de la religion.

Et ici nous constatons que les instincts et les désirs charnels sont sciemment et précisément introduits dans les milieux évangéliques.

La religion se vend aujourd'hui comme la plupart des produits.

Suite à des sondages on développe les "marchandises" et "produits" religieux qui "font du bien" au consommateur et répondent aux "valeurs" charnelles.

Naturellement ce n'est pas pour l'Eglise un nouveau défi.

Déjà aux temps néotestamentaires de telles ébauches étaient notoires, même si elles ne se faisaient pas encore au nom du progrès scientifique.

La différence par rapport à aujourd'hui est que de telles techniques sont le résultat de méthodes scientifiques précises.

Significatif est aussi le fait que, par ce moyen, la prophétie s'accomplit.

Jude a écrit que les apôtres ont dit : "... au dernier temps il y aurait des moqueurs, marchant selon leurs convoitises impies ; ce sont ceux qui provoquent des divisions, hommes sensuels, n'ayant pas l'esprit" (Jude 18-19).


C'est en première ligne le coupable instinct humain de ces meneurs religieux qui a séduit de nombreuses personnes : "Ils sont comme des bêtes sans raison ..." (2 Pierre 2 : 12).


Ce qui se développe sous nos yeux dans le monde actuel concorde déjà avec la description biblique des "nations" (païens) des derniers jours.

Assurément un anthropologue qui étudierait le texte des chapitres 17 et 18 de l'Apocalypse confirmerait scientifiquement qu'il s'agit bien d'une description du temps des païens modernes et orgueilleux.

Il est clairement question d'une civilisation qui se caractérise par une consommation extrême, des convoitises sans fin, une deification de ce qui est terrestre et une fixation sur le bien-être.

L'évolution de ce "païen" est vraiment très avancée.

Cette description s'applique exactement à l'humanité d'aujourd'hui.

Combien d'entre nous constateront que leur style de vie ressemble à celui du païen moderne ? C'est là une question importante et urgente.


A la fin - après la grande tribulation - les "païens" et les Juifs survivants tomberont finalement en adoration devant Dieu.

"Et toutes les nations viendront et se prosterneront devant toi, parce que tes jugements ont été manifestés" (Apocalypse 15 : 4).

"A la fin tout genou fléchira devant Dieu" (Esaïe 45 : 23)


Où peut-on, en un temps comme le nôtre, trouver une sûre et raisonnable indication du chemin à suivre ?

Nous ne devons absolument pas nous laisser diriger par notre instinct et la nature charnelle.

Qu'aucun d'entre nous ne se serve de tels instincts païens pour répandre et rendre populaire un faux évangile ; que Dieu y veille !

Paul supplia les Corinthiens : "Donnez-nous une place dans vos coeurs ! Nous n'avons fait tort à personne, nous n'avons ruiné personne, nous n'avons tiré du profit de personne"

(2 Corinthiens 7 : 2).


Pourtant des gens courent, dominés par leurs instincts, et suivent avec zèle des faux enseignants qui s'adressent à leurs sens charnels.

Mais comment sortir de ce dilemme que Paul décrit en Romains, chapitre 7, tout particulièrement en ces temps actuels pleins de tentations pour la nature charnelle ?

Paul dit que nous devons marcher par l'Esprit (Romains 8 : 12-14).

"Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ, et n'ayez pas soin de la chair pour en satisfaire les convoitises" (Romains 13 : 14).


Pendant que le monde veut nous séduire par le chant de ses sirènes et tire sur nous "les traits enflammés du malin" (Ephésiens 6 : 16), plus que jamais nous avons vraiment besoin de chercher refuge en Christ.

Lui seul peut réellement nous satisfaire : "Ton règne est un règne de tous les siècles, et ta domination subsiste dans tous les âges. L'Eternel soutient tous ceux qui tombent, et il redresse tous ceux qui sont courbés. Les yeux de tous espèrent en toi, et tu leur donnes la nourriture en son temps. Tu ouvres ta main, et tu rassasies à souhait tout ce qui a vie"

(Psaume 145 : 13-16).


Un jour tous les "païens" chanteront un cantique nouveau :

"Tu es digne de prendre le livre et d'en ouvrir les sceaux ; car tu as été immolé, et tu as racheté pour Dieu par ton sang des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation ; tu as fait d'eux un royaume et des sacrificateurs pour notre Dieu, et ils régneront sur la terre" (Apocalypse 5 : 9-10).


Oswald Valenti


23:48 Écrit par Oswald Valenti dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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