05/07/2013

LA CRISE CHYPRIOTE / DES PARALLELES QUI FONT PEUR

LA CRISE CHYPRIOTE


Des parallèles qui font peur



A la demande de l'Union Européenne, la population chypriote devra verser à l'Etat 60 % de ses avoirs au titre de "taxe unique". Seule une dictature peut se permettre de décréter pareille chose.


Depuis fin mars 2013, c'est définitif: les épargants ayant déposé à la Bank of Cyprus un capital supérieur à 100.000 euro doivent s'attendre à devoir donner jusqu'à 60 % de leurs avoirs au titre de "contribution fiscale unique" pour le règlement de la crise financière chypriote.

C'est la décision du gouvernement du pays, mais tous les habitants de Chypre savent que cette décision vient en fait de Bruxelles.

La résolution prise à l'unanimité par le parlement chypriote qui s'était encore, il y a peu de temps, prononcé contre une telle taxe n'a tout simplement pas été prise en compte.


Peu nombreux sont ceux qui semblent comprendre la portée d'une telle décision.

La dépossession de fait de nombreux clients de la Banque de Chypre s'apparente à la démarche d'un Staline lors de l'expropriation des koulaks (riches paysans en Russie) en 1930-1931 et à celle entreprise par Hitler à la suite de la Nuit de Cristal en 1938.

A l'instar des deux dictateurs, l'Union Européenne se permet, en dépit de l'absence totale de bases juridiques démocratiques, d'intervenir dans les droits de propriété des citoyens.

Bien sûr, la crise économique tient lieu d'excuse, mais demeure néanmoins le fait que seule une dictature peut se permettre de procéder ainsi.

Tout Etat de droit qui se respecte aurait honte de manifester une telle conduite effrontée à l'égard de ses citoyens.


Cette démarche introduit une nouvelle dimension dans la crise de l'euro.

Celle-ci avait débuté en 2010 lorsque la Grèce sollicita une aide financière auprès de l'Union Européenne.

Au cours des mois qui suivirent, l'Etat grec s'est vu impitoyablement mis sous tutelle.

Athènes n'avait plus qu'à recevoir et entériner les ordres de Bruxelles.

La deuxième phase de cette crise débuta en été 2011, lorsqu'Angela Merkel et Nicolas Sarkozy déclarèrent lors d'une conférence de presse commune à Paris que dorénavant les grandes banques seraient associées pour trouver une réponse aux défis de la crise financière - sur base du volontariat, bien entendu.

L'implication des riches banques avait l'apparence d'un geste solidaire visant à mettre du baume sur la détresse financière de l'Europe.

Mais en réalité, il en résulta seulement un affaiblissement des banques qui sont après tout le coeur même d'une économie nationale.


S'ensuit maintenant, au printemps 2013, la troisième phase: Tout individu européen, vache sacrée de la pensée humaniste, est invité par Bruxelles à passer à la caisse.

Et la fin n'en est pas encore visible: fin mars, le nouveau chef du groupe euro, le néerlandais Jeroen Dijsselbloem, déclara lors d'une conférence de presse que les démarches entreprises en vue de la résolution de la crise chypriote pourraient aussi à l'avenir servir d'exemple.

Autrement dit: dans le cas où un autre pays européen devrait sombrer dans des difficultés analogues à celles de Chypre, la mainmise de l'Etat sur le capital privé pourrait se reproduire.

Il serait fatal de ne voir dans ces mesures qu'un signe d'impuissance des hautes instances européennes.

En examinant l'évolution de l'Union Européenne au fil des 25 dernières années, on voit clairement que malgré les crises et les faiblesses de l'Union Européenne, les choses ont continué à évoluer selon l'orientation souhaitée par Bruxelles.

Par conséquent, on ne cesse d'avoir l'impression que cette crise de la dette européenne est dirigée de manière à susciter l'angoisse dans la conscience de millions d'européens et de leur faire croire que même une Europe unifiée ne sera pas assez forte pour résoudre les problèmes qui se présenteront.


Sur le sol de ces angoisses et sentiments d'impuissance se forme alors le désir de voir émerger une forte personnalité dynamique et charismatique qui "fera le ménage".


Rappelons simplement ceci: l'ascension d'Adolf Hitler en Allemagne n'aurait pas été possible sans la crise économique de 1929.

La propagande électorale d'Hitler tournait autour d'une promesse clé de donner à tous du travail (et donc un revenu).

Cet espoir amena des millions d'allemands à donner leur voix à Hitler, bien que soient connus depuis la publication de son livre "Mein Kampf" (1925-1926) son antisémitisme et le recours à la violence devant lequel il ne reculerait pas.

Beaucoup d'allemands se disaient: "Celui-là a peut-être des idées bizarres, mais il semble au moins avoir une recette pour venir à bout de nos problèmes. Les leaders politiques qu'on a eus ont tous échoué".


L'actuelle crise financière et économique de l'Europe favorise l'émergence d'un nouvel homme fort.

S'il affiche un caractère attrayant en plus des capacités impressionnantes d'amener des résultats concrets, promettant un panier rempli de pain aux européens douillets et éprouvés par les crises, on comprendra aisément que des millions de coeurs lui seront acquis.


Des parallèles entre notre époque actuelle et celle d'il y a 80 ans ou encore avec l'évolution politique à venir, telle qu'elle est révélée par la Parole prophétique, ont vraiment de quoi nous faire peur.


Oswald Valenti

22:22 Écrit par Oswald Valenti dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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