29/04/2016

Vous cherchez un emploi !

La moitié des employés belges remplacés par des robots et logiciels d'ici 2030

 

Les industriels ont cessé de rêver la nuit à créer des emplois

 

On continue de parler de l'emploi comme si rien ne le menaçait !

 

Les études se succèdent annonçant la disparition de l'emploi du fait de progrès informatiques:remplacement du travail manuel par le robot et du travail intellectuel par le logiciel.

Des chiffres récents évoquent à l'horizon 2030 la disparition de 47% des emplois aux Etats-Unis, 69% en Inde, 77% en Chine et 50% en Belgique.

Curieusement, personne ne semble tenir compte de cette sombre perspective:on continue de parler de l'emploi comme si rien ne le menaçait.

 

La presse nous informait le 17 février 2016, qu'après avoir entamé la baisse des cotisations patronales de 33 à 25%, le gouvernement fédéral envisage de ramener le taux de base de l'impôt des sociétés de 33,99 à 20 ou 22%.

L'objectif n'est sans doute pas de concentrer la richesse dans un plus petit nombre de mains mais de créer des emplois.

Mai le raisonnement en arrière-plan est-il valable si l'on prend au sérieux une disparition massive de l'emploi ?

Il faudrait, pour ignorer ces chiffres alarmants, q'une perte de 50% d'emplois n'ait pas d'impact sensible sur notre mode de vie.

Ce pourrait être le cas du fait de l'évolution démographique.

Ainsi, le vieillissement neutraliserait ses effets, alors que les emplois restant seraient mieux rémunérés, mais il est peu vraisemblable qu'il réduise de moitié la population en âge de travailler.

De plus les emplois restants seront soit très qualifiés, ceux des classes moyennes étant eux laminés.

 

Une transition de cette taille s'est opérée sans heurts autrefois lorsque les emplois manufacturiers furent remplacés par d'autres dans les services.

Mais il y a deux différences essentielles:d'abord la transition observée fut beaucoup plus lente, ensuite la durée de formation au nouveau type de travail ne dépassait pas quelques semaines, alors que les emplois créés par la robotisation, par l'Internet des objets, le big data ou encore l'intelligence artificielle, requièrent une formation universitaire d'au moins quatre ans.

D'autre part le nombre d'emplois créés sera faible par rapport à ceux qui seront perdus.

Aux Etats-Unis, le nombre de techniciens liés à ces nouvelles activités devrait passer de 3,7 millions à 4,3 millions entre 2012 et 2022, soit une progression de 18%, qui ne représentera pourtant encore que 2,7% des 160 millions d'actifs.

 

Les industriels déclarent:"Diminuez les charges patronales et l'impôt des sociétés et nous créerons davantage d'emplois!".

Les gouvernements s'exécutent mais, comme on l'a vu en France récemment, rien ne se passe ensuite.

Si! Les bonus des dirigeants d'entreprises sont revus à la hausse, les dividendes aussi, les sociétés cotées en Bourse rachètent leurs propres actions et leurs réserves en argent liquide ne cessent de gonfler...

 

Pourquoi ?

Parce que derrière la proposition "diminuez les charges et nous créerons davantage d'emplois!" se cache le postulat que l'offre crée la demande, lequel a pour conséquence logique qu'un industriel n'aspire qu'à une seule chose:produire davantage, et que seul le coût de la main-d'oeuvre le retient.

Or si le coût de la main-d'oeuvre baisse, le postulat que "l'offre crée la demande" se retrouve rapidement confronté à la dure réalité qu'il ne suffit pas de produire, il faut encore vendre ce qui a été produit.

Et le mur, là, c'est le pouvoir d'achat des consommateurs (salariés dans leur grande majorité), à la baisse dans un cadre d'austérité.

 

Réduire les cotisations patronales à 25% et ramener le taux de base de l'impôt des sociétés à 20% est bien accuelli par ceux qui sont à la tête des entreprises d'une part et par ceux qui accordent aux dites entreprises des avances en capital d'autre part.

Mais ces réductions n'aident en rien ceux qui y travaillent.

Et ce d'autant plus si 50% d'entre eux sont à terme remplacés par un logiciel plus rentable.

La donne a changé et les industriels ont cessé de rêver la nuit à créer des emplois.

Qui pourrait le leur reprocher ?

Mais aussi, quand commencerons-nous à tenir compte dans nos visions d'avenir du fait que l'emploi en tant que tel fond comme neige au soleil ?

 

Paul Jorion

 

 

 

 

 

23:17 Écrit par Oswald Valenti dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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